VAN HAMME


"Opre Roma "huile sur toile


Van Hamme totalise 45 années de peinture et peut être 4700 toiles.
Une vie. Une somme.
Ses toiles sont les ambassadrices de sa révolte.
Elles poussent les cris de ceux qui se taisent, les humiliés, les offensés,

 les bâillonnés indestructibles ; très jeune, il a été marqué par les images de la déportation : s’en est-il remis ?

La formation du peintre a d’abord été une formation académique qu’il ne renie pas. Elle disparaît tout en restant sous-jacente, peut être à l’insu de l’artiste. L’explosion de la colère, de l’amour, de la révolte est une violence qui ne s’élabore pas ; peut être existe-t-il dans l’inconscient ce souvenir d’un paysage, d’un rivage entrevu et inoublié.
                                          " Technique de l'exil" huile sur toile 

Un passage en  noir et blanc des œuvres
aux couleurs violentes, rouge sang, jaune soleil, vert printemps, de Van Hamme n’est pas une trahison mais une révélation. L’œuvre se présente alors comme un aveu, une radiographie.
Avec « Technique de l'exile", nous voyons en première ligne la chorégraphie barbare du dessin des barbelés devant des remparts eux-mêmes infranchissables.                         
Cette œuvre n’est pas faite pour le plaisir de l’œil, mais pour témoigner au-delà du regard. Van hamme improvise t-il ? Sans doute, mais l’improvisation est la résultante du travail et de l’expérience ; cette abstraction n’est pas le fruit du hasard mais d’une harmonie et d’une réflexion.
Est-ce une création pure ? Un souvenir assimiler, oublié ?

Van Hamme s’exprime surtout en tant qu’affamé de justice.
Il hurle avec les couleurs ; malgré l’injonction de toutes les chamades , il n’y a pas de repli.
« Les chants de la fureur » où le bleu lutte entre le blanc et le noir concrétisent le désespoir et l’effort d’une énergie ultime. Un visage torturé transparaît dans un cyclone de couleurs froides et témoigne d’une lutte toujours recommencée.
Cette peinture de la colère, presque constante chez Van Hamme est une gifle qui doit réveiller le dormeur et le délivrer de son anesthésie.

       
               Andrée Satger (Rencontres n° 110)   
 



A lire aussi Hommage à  Van Hamme par Paul Jolas  (Rencontres n° 106)   
                              www.quartierdesarts.fr


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