Françoise Tchartiloglou
1er Prix du « carnet de voyages »
Pour « Promenades Japonaises »
1
Mots clignotants
Et sons électroniques
Des milliards de poèmes
S’écrivent la nuit.
2
Dans de la nuit
Tokyoïte
La poésie s’amplifie.
3
Au Japon
Même les nuages
Sont new design.
4
A Shinjuku
La foule ultra high-tech
M’électrise
5
Sur les buildings
Les mots multicolores
Illuminent la nuit
6
Un clavier un Pc
Ecrire la réalité
Hors de la page
7
Dans un magasin de Shinjuku
Je photocopie
Les saisons en quatre couleurs
8
Dans le métro
De Tokyo
Je suis témoin du temps
9
Au japon
Je fonds dans le paysage
Goûte plusieurs temps
10
Les robots
Des grands magasins
Ne pleureront jamais
11
Libérer l’esprit robot
Vive la Liberté
12
Debout dans le soleil
Un Tokyoïte
Lance son cri
13
Erables rouges et nénuphars
C’est l’orgie de couleurs
Jusqu’au bout de la nuit
14
Dans le parc de Kyoto
J’ai perdu mon chemin
Trop beau
15
Dans le jardin de pierre
La solitude a frémi
16
Au dessus des buildings
La lune
Si pleine…de solitude.
17
Les buildings de Tokyo
Ont la solitude automate.
18
Où s’en vont les rêves
De la ville debout ?
19
Elle m’ouvre son cœur
Avec un traducteur électronique
Japon forever
20
Dans le bain traditionnel « onsen »
Une ombre de femme
Trouble l’eau et le ciel
Elle est belle
Dans toute sa nudité
21
L’élégance et la douceur
Des japonaises
M’envoutent.
22
Dans l’Océan de nuages
Le mont Fudji
Respire
23
Le mont Fudji
Bleuit le ciel
Nous allons rêver.
24
Dans le brouillard
Les maisons en suspension
Cherche la Lune
25
Porte coulissante et Tatami
Le rêve éclos
26
Thé vert et Kimono
Je suis en suspension
27
Dans le temple ZEN
La peinture des fresques
M’émerveille.
28
Au Japon
La technologie
C’est de l’énergie.
29
Au Japon
La beauté
C’est la nostalgie.
30
A Nikko
Le grand bouddha
M’a souri.

31
Des barils de saké décorés alignés et empilés
Un mur
Liquide
32
Dans le bol de bouillon chaud
Nouilles et algues
S’aiment divinement.
33
Des centaines de mots contenus
Dans ce plat de Sushi.
34
Dans la foule
D’Harajuku
Mon cœur clignote
35
Je sushi
Je saké
Je look tout
36
A l’intérieur
De cette lanterne en papier
Brille un cœur.
37
A Nara dans le parc
Les biches viennent me dire bonjour
Je suis
Invitée et envoutée
38
Au Japon
Les arbres ont des bras
39
Au dernier étage
De la Japan Tower
J’ai le rêve panoramique.
40
Je ne serai jamais
Comme tout le monde
Je regarde à l’envers.
41
Ma mère est morte
Elle porte en elle
Plusieurs mélancolies
42
Structure métallique
Prières suspendues
Ne jamais cesser de rêver.
43
Les cosplys défilent dans le parc
Vivent à découvert.
44
Dans la gare
Les distributeurs automatiques de tickets
Avalent mon imagination
45
Au Japon
Tout est nouveau
Depuis longtemps.
46
Les papillons
Transportent les saisons
47
Sur le présentoir
L’éventail
Respire
48
Dans la forêt
Les bambous
Font la course au ciel.
49
Dans les rues électriques de Shinjuku
Mon cœur à des pulsations électroniques
50
Le travail et le désespoir
Titubent
Hiérarchie oblige.
51
Dans l’alcool
Le poème
Se meurt.
52
La Lune et son mystère
A portée son regard.
53
Le reflet de la Lune
Dans la tasse de thé
Surtout ne pas bouger.
54
Je n’oublierai jamais la nuit étoilée dans le parc à Kyoto
Le reflet des arbres sur l’eau
Le temps s’arrête devant tant de beauté.
55
A Okinawa
Je ne pense à rien de réel
C’est l’extase.
56
Dans la serre
Orchidées et nénuphars
Se laissent vivre
57
A Okinawa
Dans la galerie marchande
Je m’émerveille.
58
Du ciel à la terre
L’agriculture
Rayonne de perfection.
59
J’admire
Les champs de couleurs
Tout m’inspire.
60
L’art dans la nature
Pousse
Comme un champignon.
La lumière 
Quand je jette mes tableaux à la mer
ma vision sort de l'ordinaire
la transparence de l'air
et les nuages évanescents
se décrochent de la terre
au milieu de tout cela
je ne sais plus où je suis
je vois la poésie des choses
dans la couleur de l'atmosphère
la mer est en sang au premier plan
et pousse des cris terribles
l'écume bouillonne de réussites et d'échecs
il y a des éclaboussements de couleurs
toujours et toujours
avec des battements de cœurs
quand je jette mes tableaux à la mer
la nuit ne finit jamais.
Françoise Tchartiloglou
extrait de "Rendez-vous"
Maison Rhodanienne de poésie
Françoise Tchartiloglou a son langage propre, celui de la couleur comme d'autre ont recours à la musique ou tout simplement aux mots. Le rêve et le réalité placent cette œuvre entre l'abstraction et le figuratif. La construction est déterminée par l'harmonie des couleurs qui par jeu de contraste imposent la forme et le rythme. L'eau par nature insaisissable est l'inspiratrice par excellence ainsi que les ciels d'orage; le choc des éléments enfantent des paysages sombres et mystérieux, le domaine onirique et secret de Françoise Tchartiloglou,
Prix Bosco Tatsuyo Hirata 2007
Rencontres N°110 (1er trimestre 2007)
Illustration Orage sur le mer Huile sur toile

