Henry Claude Buret

           La rumeur des jours 
                          

        Henry Claude Buret

                       Prélude
Elle  était la petite fille d'un roi éphémère...Une curieuse histoire d'un lointain territoire, en Guyane, je crois cédé à la France, puis repris par la perfide Albion, à la barbe d'un gouvernement français  toujours aussi hésitant et controversé. Son parent avait cependant été élu juridiquement gouverneur de cette région.Des documents existent et en font foi.   

                      
                                  PRÉFACE

"Dante pourquoi dis-tu qu'il n'est pire misère qu'un souvenir heureux dans un jour de malheur » ?
Avec cette interrogation, Alfred de Musset nous invite à pénétrer dans l'univers de notre mémoire. Dans cette caverne aux trésors puisons librement, nous choisissons, (nous expurgeons aussi) nous disposons du passé à volonté, chaque fois qu'il plait à notre envie, quitte à en souffrir. Henri-Claude Buret assume la résurrection virtuelle de ce qui fit son bonheur : l'amour d'une femme, la femme des jours heureux, la compagne du quotidien, mais aussi d'un terre promise multiple, la terre des voyages.
Cette femme « petite princesse de légendes » se charge du rôle d'Ariane à travers le labyrinthe de la vie. Mais qui est Aude ? Peu de descriptions phy­siques. On sait seulement qu'elle a la finesse fragile d'une Tanagra, qu’elle conservera jusqu'à la fin de sa présence terrestre la grâce, les mouvements, les pulsions d'une adolescente sur laquelle l'âge renonce. Son visage, on le devine comme on devine le regard et non les yeux, comme on devine le sourire et non la bouche. On suit à travers ces pages la danse multicolore de ses robes rouges, blanches ; elles tourbillonnent autour de ce corps parfois évoqué, tou­jours pudique et le claquement de ses sandales catalanes résonne à travers les terres du Sud, au soleil de tous les midis. Peut-on l'aborder ? ­Elle se tait et le lecteur imagine le dialogue qu'il aurait pu commencer avec elle. Elle apparaît de l'autre côté du miroir, d'autant plus éblouissante et regrettée. Aude sans le savoir, sans le vouloir est-devenue cette « pire misère », le « souvenir heureux » qu’évoquait le poème de Musset ? 
Pour le narrateur elle est une fin en
elle est avant tout l'accompagnatrice qui dirige à jamais l'orchestration d'une vie intérieure d'un « moi défunt ».
                                                                                    Andée Satger
Aude fait corps avec le bonheur : en effet le narrateur passe presque sous silence les jours pénibles, les ombres de la vie quotidienne : il est difficile d'imaginer Sisyphe heureux. Les voyages se­ront donc l'antidote, la rupture nécessaire, la transfusion du soleil dans un univers gris.Avec elle, nous allons découvrir le merveilleux théâtre du Sud, l'histoire et les splendeurs de chaque pays visité ; tandis que le nar­rateur se charge de photographier et de livrer l'image, elle décrit les monuments, les espaces ; elle s'intéresse à l'histoire locale et précise les détails amusants au curieux. On respire avec elle le sel et l'iode de la mer, les parfums des oranges et des roses ; bien sûr, il v a ses préférences : le village de San Michèle, à Capri. Elle tombe sous le charme de ce décor féérique, les  statues remontées du fond de la mer, les jardins qui descendent vers Capri, l'univers de Ti­bère reconstruit par un poète... Mais ce même empereur romain assure sa présence cruelle sur un autre rivage ; Jérusalem et son jar­din des Oliviers où Aude percevra la douleur de toutes les agonies humaines. Il y aura bien d'autres voyages et il y aura l'ultime : Un jour, au temps du bonheur, Aude a fixé à l'homme qu'elle aime un rendez-vous étrange ; la promesse de se retrouver à l'île de Pâques, dans le cas où une séparation les éloignerait l'un de l'autre. Pourquoi cette île ? A-t-elle désigné un lieu géographique bien déterminé cette île aux étranges statues, au sol désertique toujours battue par les vents ? Curiosité de la voyageuse pour qui le vaste uni­vers suffirait à peine à ses aspirations. L'a-t-elle choisie pour le nom, ce nom éblouissant de joie et de résurrection. Est-ce le lieu dune alliance mystique ? Car Aude attend dans sa forme la plus lumi­neuse pour accomplir sa deuxieme mission, celle d’ouvrir la porte sur un  rivage d'éternité.Andrée Satger

 



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